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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:39

Horticulteur arrivé en 1997 en Bourgogne, William Rouxel en est immédiatement tombé amoureux. Après une formation à Beaune il collabore avec quelques Domaines en qualité de Chef de culture. Déjà  il ne comprend pas le "massacre" des fabuleux terroirs bourguignons par ceux qui en vivent, ce qui le poussera à "militer" pour protéger ce patrimoine en obtenant le classement à L'UNESCO des climats bourguignons.

Départ pour le Canada. Au contact de Thomas Bachelder du Clos Jordane en Ontario, il acquiert une philosophie du pinot noir. De retour en Bourgogne, il met en pratique sur 0,5 ha en location : vinif' en grappe entière, remontage, et tout l'arsenal des méthodes douces qui permettent au cépage de laisser s'exprimer son terroir.

 

Aujourd'hui il met en bouteille la totalité des petits rendements que lui donnent ses 3 ha de fermage et métayage sur des parcelles couvrant 6 appellations : Auxey-Duresses, Aloxe, Volnay, Savigny, Monthélie et Beaune.



 

Si nous avons été sous le charme du Volnay 1er Cru Les Brouillards pour sa "race" extraordinaire, c'est l'Auxey-Duresses rouge qui nous a le plus bluffé, car sur un terroir moins "facile", le vin laisse apparaitre tout le travail à la vigne, la passion et l'énergie déployés par William pour obtenir un tel jus. Certes 2010 est une année spéciale ou tous les éléments étaient réunis pour obtenir de grands bourgognes, encore fallait-il en profiter : le vin est droit, racé, avec une austérité cistercienne qui lui permettra surement de traverser les années. Un jus pur, sur le fruit, avec déjà des tannins d'une grande classe.

 

On pense aux vinif' de blanc d'Olivier Rivière, un autre bourguignon devenu Grand d'Espagne. D'ailleurs les deux vignerons ont pas mal de similitude, dont l'intuition, la conviction et surtout pas le sens du compromis quand il s'agit de la qualité de leurs vins, même si cela a un prix (William déclasse les vins qui ne lui paraissent pas à la hauteur de ses attentes sur ses appellations).

 

La Bourgogne n'est pas morte, vive le Prince William !

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Published by levindescousins.over-blog.com - dans Bourgogne
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commentaires

Dom 10/11/2012 13:29

Merci aux deux Eric pour leur mot sur les vins de William Rouxel; je suis ravi que vous ayez été sensibles, autant à sa discrétion qu'à son talent de vigneron. L'article est pointu et vous avez
cerné l'élégance et la délicatesse de ses vins. Will est très éxigeant, précis, ce qui lui permet de faire des Auxey Duresses blancs qui mettent la pige à de très nombreux Meursault pour quatre
fois moins cher, et de faire des rouges de très haute volée aussi sur des terroirs moins prestigieux de la Côte. Avant tout parce que ses vins sont uniquement faits avec du raisin, sur un sol
vivant... et beaucoup de travail, à défaut d'équipements dernier cris !...
Votre blog est très bien foutu : valoriser les Bourgognes de William Rouxel ou les Savennières de Clément Barraut, c'est vraiment aller dans le bon sens et faire le choix du goût...
Enfin, j'ai adoré l'article sur Marie Claire ! Avoir faim n'empêche pas d'être éthique... Et d'envoyer bouler des magnas de la presse "industriels"! Dommage pour les 100000 lecteurs et lectrices
qui ne seront pas informés que vous rentrez des domaines de moins de 3 hectares qui produisent intégralement à la main... Des flacons de noël ! Tant pis, cela en fera plus pour les autres, je veux
dire ceux qui paient et ne manquent pas de panache.
A bientôt,
Dom, Paris Terroirs