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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 18:09

Pour cause de formation professionnelle, on laisse notre table de dégustation aux apprentis sommeliers et l'on se retrouve au fin fond de la cave du Rico. A part une dégustation de Cabardes du Domaine Cabrol et un Monthélie de Pierre Morey, rien n'est au programme en ce jeudi après-midi.

C'est alors que Danièle Gérault arrive avec Emmanuel Giboulot.

Après nous avoir gentiment enguirlandés car nous recrachions le Monthélie 2001 de Pierre Morey qu'avait ramené Vincent, elle nous fait découvrir les vins d'Emmanuel. D'abord un Saint Romain minéral et tendu à souhait, puis La Cuvée Lulune 2010 en Beaune, une cuvée droite, presque stricte, d'une incroyable fraîcheur, un peu sur les épices et une longueur en bouche incroyable.

 

Janvier-2012 3171Cela nous met dans de bonnes conditions pour gouter Sous Le Mont  du nom de la parcelle en Hautes Cotes de Nuits 2010. Tout en étant très droit le vin est plus guilleret, plus fruité, très croquant. Cela convient parfaitement à ce rassemblement de fan de pinards installés autour d'une pile de cartons. Emmanuel n'ose pas nous parler de son travail, mais Danièle insiste, et ce grand timide se lance. On attendait que cela.

 

Janvier-2012 3170

 

En plus de la panoplie des outils "biodynamistes" qu'il utilise, Emmanuel mène depuis quelques années un travail de recherche et d'expériences autour du vivant dans le vin. Cela prend différentes formes, et il nous fait partager celle qu'il nomme "les rencontres". Son explication était passionnante et je fais essayer en le trahissant le moins possible d'en exposer les bases. Le principe est de faire confiance à la nature et de lui donner simplement un coup de pouce, le moins interventionniste possible, en faisant se rencontrer des molécules. Avec des doses homéopathiques (des gouttes en nombre précis) de vin vers lequel on souhaite tendre, on peut influencer une barrique de vin qui n'est pas du même niveau. En l'écoutant j'ai un peu pensé au principe de la Solera où les vins vieux éduquent les vins jeunes. Le travail d'Emmanuel se porte sur la mise au point d'un process reproductible et également sur les types d'influence que l'on peut provoquer. Ce n'est qu'une infime partie des son travail au chai, celui dont il a bien voulu nous parler, non pas que cela soit secret, mais l'homme est si modeste qu'il aurait presque peur de nous ennuyer alors qu'il nous a passionné.

A la vigne, il essaie de réutiliser à des moments précis (montée et descente de sève, floraison, véraison) les propres produits de la vigne (pépins, pampre) pour l'aider à se développer.

 

Danièle, Vincent, Emmanuel : incitation à la débouche

Janvier-2012 3166

 

Aucune mystique dans sa démarche mais plutot une certaine idée du vivant et des convicttions sereines.

Et le résultat est dans ses vins ! Tous ceux que nous avons goûtés était extrêmement droits, dans des styles différents laissant la part belle à leur terroirs.

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Published by levindescousins.over-blog.com - dans Bourgogne
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