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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:17

Voilà bien un moment que j’avais pensé ramener deux bouteilles du domaine Gauby chez mes grands-parents, lieu d’adoration de la gastronomie française. Mais dans cette famille où l’on a été élevé avec de grands crus bordelais « l’époque ou on faisait encore du vrai bordeaux » comme disait mon grand-père, il était difficile de mettre à table des régions du sud. Il faut dire que j’avais en face de moi des personnages hauts en couleurs qui ont inculqué en moi cette magnifique qualité qu’est la gourmandise ! Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos bouteilles.

Noel 2011, je franchis le cap. Départ de Paris : dans les valises se sont glissées un Muntada et un Coume Gineste de 2008 de Gérard Gauby. Bien sur ces pauvres bouteilles esseulées ont emporté avec elles des truffes Mogador de chez Pierre Hermé et bien sur, bien sur, une montagne de macarons, tous aussi colorés et pailletés les uns que les autres du même pâtissier gourmand !!!

Nous voici donc à table, à LA table, déjeuner de Noel donc, ou la nappe a disparu sous le service en argenterie, les verres « pour les grandes occasions », les assiettes du même acabit, les papiers cadeaux, les amuses bouches de ma grand-mère et et et… un Coume Gineste carafé depuis 2 heures déjà. Je vois déjà l’œil avisé de mon grand-père, aussi curieux et gourmand que moi (oui, l’éducation a bien fonctionnée) sur cette carafe à la robe paille, brillante. Il est temps de le servir. Et là, la magie opère…

Nous voici tous transportés à côté de Calce, autour des sources, au fond des vallons inaccessibles, sur les petits chemins de genêts et les vignes éparses. Le vin dégage des arômes de fruits frais, d’ananas, d’agrumes confits et même quelques notes de miel. En bouche, une finesse, une élégance, une recherche de la perfection. Un équilibre parfait, avec une belle minéralité qui se termine par une très légère amertume. On ne voyage pas seulement dans cette région des côtes catalanes, on voyage aussi dans le temps. Ma grand-mère a un souvenir immédiat qui lui revient, 50 ans auparavant, du vin de son grand-père à elle, qui travaillait sa vigne sans engrais, sans produits chimiques, à la « va comme j’te pousse » plus précisément. Je n’ai encore jamais dégusté un vin aussi sublime que celui-ci, qui me marque autant.

La table est unanime, le vigneron travaille avec une haute exigence ses vins qui du coup, le sont tout autant. Le déjeuner continue, nous voici arrivés au plat.

Je ne suis déjà plus sur d’avoir très faim et pourtant l’agneau de lait à la truffe appelle à se damner… tant pis, qu’il en soit ainsi !

Les petits chaussons aux marrons courent sur la table et se jettent dans nos assiettes. Nous voici arrivés au moment de déguster la Muntada 2008, qui patiente sagement depuis 4 heures dans sa carafe.

Cet assemblage de cépages (Grenache noir et Carignan vieux de 120 ans) nous fait déjà rêver. Il présente une robe concentrée, cerise, un peu austère, qui laisse présager de bons augures. Le nez est minéral, frais et en bouche, immédiatement, une chair monumentale, encore un petit peu rêche ; une puissance contenue avec une bonne longueur. Un vin qui d’après les aînés mérite encore quelques années de garde pour que les tanins se fondent encore et deviennent plus soyeux. Bref, un sans faute pour ce grand domaine. Un vigneron qui a su mettre tout le monde d’accord : voilà bien longtemps que nous n’avions pas déguster d’aussi belles choses.

Ravi, j’interrogeais alors mon grand-père, fier d’avoir surpris ce grand homme et son palais gustatif avec des vins du Roussillon ! J’eu alors droit à : « il faut parfois savoir mettre de l’eau dans son vin Môssieu », avec un grand sourire complice… Merci Gérard Gauby !

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Published by levindescousins.over-blog.com - dans Languedoc-Roussillon
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